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Par Emilie Cailleau,
L’Express, publié le 28/11/2008
Fessoil et Jihane
participent à un des ateliers de la Fabrique de la paix. Au salon de l'Education, qui se tient jusqu'au 30 novembre
à Paris, une curieuse exposition accueille le visiteur. "La fabrique de
la paix" fait s'interroger les 10-14 ans sur les préjugés au travers
d'une pédagogie originale tout droit importée des Pays-Bas. Une première
étape avant un tour de France dans quelques villes de province. "Les handicapés sont-ils malheureux?" Jihane et Fessoil, 10 et 11
ans, appuient sur le bouton "c'est un préjugé" avant de cocher leur
petit carnet. Puis ils poursuivent leur parcours, l'air absorbé. Tous deux
font partie d'une classe de sixième de Villiers-le-Bel venue participer aux ateliers de "La fabrique de la
paix". Participer plutôt que visiter, le maître mot de cette
exposition. "On teste des machines, c'est amusant",
s'enthousiasment les deux camarades. Ils observent, manipulent avant de
s'interroger sur des problématiques a priori élémentaires, mais finalement
pas si évidentes, comme l'explique Julien Bobot, de
la Ligue de l'enseignement. "Le point de départ est pour les enfants de
faire la différence entre un fait et une opinion. On les fait réagir afin de
leur montrer que ce qui peut paraître évident ne l'est pas forcément". Un exemple? Pas si facile de démêler le vrai du faux
sur des affirmations comme "Tous les oiseaux pondent des oeufs". "Des adultes se sont faits avoir",
s'amuse Cécile Henriques, de la fondation Evens, partenaire de l'exposition. Et cela se complique
quand l'exercice s'applique à des questions portant sur les discriminations,
le racisme, et harcèlement. Des sujets tabous auxquels chacun a sa propre
réponse. Bientôt on se chamaille pour savoir qui de l'un ou de l'autre a
raison. Dans la tête de ces jeunes surgissent des préjugés issus de leur
environnement. Un environnement social qui, à cet âge transitoire, détermine
les comportements. La Fabrique de la paix parle de tout cela avec
franchise, sans chichi. Un cadre plus "dédramatisé" qu'en classe."
Les enseignants sont réticents à aborder ces questions car ils veulent éviter
la conflictualité et privilégier les apprentissages", souligne Julien Bobot. Tour à tour, agresseur, victime ou bouc-émissaire, les
modules invitent à la réflexion et renvoient aux expériences personnelles.
Une première étape vers l'affirmation de soi. |